Un tribunal fédéral du Texas a ordonné, mercredi 18 juin 2025, la réintégration immédiate du Dr Idris Robinson, professeur assistant en philosophie à Texas State University. Le juge Alan Albright (district ouest du Texas) a statué en faveur d'une injonction préliminaire dans l'affaire Robinson v. Damphousse, estimant que le licenciement non renouvellement du professeur était une mesure de rétorsion liée à son droit à la liberté d'expression.
Le Dr Robinson, en voie de titularisation mais non encore titularisé, avait prononcé un discours le 29 juin 2024 à Asheville (Caroline du Nord), intitulé « Leçons stratégiques de la résistance palestinienne ». Il avait précisé que ce discours ne représentait pas l'université. Aucun incident n'a été signalé pendant l'événement, et le rapport de police n'a identifié ni suspect ni témoin parmi les participants.
Après son retour à l'enseignement à l'automne 2024, le Dr Robinson a reçu d'excellentes évaluations de performance. En mars 2025, son université a recommandé son renouvellement pour un an, soulignant ses « progrès satisfaisants vers la titularisation ». Pourtant, en juin 2025, des appels au licenciement ont été lancés sur Instagram après la diffusion de messages critiquant le contenu de son discours. Le lendemain, l'université a placé le professeur en congé administratif, invoquant « plusieurs plaintes et allégations concernant un incident de l'été 2024 ».
En juillet 2025, le Dr Robinson a été informé que son contrat ne serait pas renouvelé au-delà de l'année universitaire 2025-2026. Il a alors saisi la justice, arguant que cette décision était une mesure de rétorsion liée à son discours, violant ainsi son droit à la liberté d'expression garanti par le Premier Amendement.
Dans sa décision, le tribunal a rappelé les quatre critères pour établir une rétorsion liée à la liberté d'expression :
- Un préjudice professionnel subi par le plaignant ;
- Un discours portant sur une question d'intérêt public ;
- Un intérêt supérieur à celui de l'employeur public à limiter ce discours ;
- Un lien causal entre le discours protégé et la mesure prise par l'employeur.
Le juge Albright a estimé que les trois derniers critères étaient indiscutables dans cette affaire. Il a notamment souligné que le conflit israélo-palestinien constitue une question d'intérêt public et que le discours du Dr Robinson n'a pas perturbé le fonctionnement de l'université. Les défendeurs n'ont d'ailleurs pas contesté le caractère protégé du discours, ni invoqué d'exceptions au Premier Amendement (comme l'incitation à la violence ou les menaces avérées).
Le tribunal a donc conclu que le Dr Robinson avait démontré une probabilité suffisante de violation de ses droits constitutionnels et ordonné sa réintégration immédiate, en attendant un procès au fond.