Hay Springs, Nebraska : la fin d’un service vital
Mark Pieper, éleveur près de Hay Springs, a passé trois ans et demi à faire l’aller-retour entre sa ferme et l’hôpital de Chadron pour des séances de dialyse. À 599 habitants, Hay Springs est une petite ville typique du Nebraska rural. Mais depuis la fermeture de l’unité de dialyse fin mars, Pieper doit désormais parcourir 150 km trois fois par semaine pour se rendre à Scottsbluff, la plus grande ville de la région.
« Je vais gonfler et mourir dans un mois », avait-il pensé en apprenant la nouvelle. Atteint d’un cancer, le traitement a endommagé ses reins, le rendant dépendant de la dialyse pour survivre. Il n’était pas le seul : 16 autres patients dépendaient de ce service, le seul disponible à proximité.
Un désert médical qui s’étend
La fermeture de l’unité de dialyse de Chadron illustre le déclin des soins en milieu rural américain. Les habitants de ces zones souffrent davantage de maladies chroniques mais ont moins accès aux traitements que dans les villes. Malgré les promesses de l’administration Trump, avec le lancement en septembre du programme fédéral Rural Health Transformation, doté de 50 milliards de dollars, la situation ne s’améliore pas.
« Trump dit qu’il va aider les soins ruraux. La dialyse, c’est une chose dont nous avons vraiment besoin ici. »
— Mark Pieper, patient dépendant de la dialyse
Des solutions coûteuses et éloignées
Certains patients ont déménagé pour se rapprocher des centres de dialyse, quitte à s’éloigner de leur famille. D’autres, comme Jim Wright, louent un logement près de Rapid City, dans le Dakota du Sud, pour réduire leurs trajets. « Ce n’est pas une question de préférence, c’est une question de vie ou de mort », a-t-il déclaré.
Pour Pieper, le trajet vers Scottsbluff triple son temps de transport hebdomadaire, passant à plus de neuf heures. Une contrainte lourde pour un traitement de quatre heures qui lui est vital.
Un financement fédéral insuffisant ?
Jon Reiners, PDG de l’hôpital de Chadron, a dû prendre la difficile décision de fermer l’unité de dialyse. Pourtant, cette annonce coïncidait avec l’attribution de 219 millions de dollars à l’État du Nebraska dans le cadre du programme Rural Health Transformation. Un paradoxe qui soulève des questions sur l’efficacité des fonds fédéraux.
Malgré ces investissements, les défis financiers des hôpitaux ruraux restent immenses. Les coûts élevés des équipements et le faible nombre de patients rendent certains services non viables économiquement, même avec des subventions.
Les conséquences pour les patients
- Déménagements forcés vers des villes plus grandes
- Trajets allongés et coûts supplémentaires (logement, essence)
- Rupture des liens familiaux et sociaux
- Risque accru pour les patients les plus fragiles
Un problème national
Le cas de Chadron n’est pas isolé. Dans tout le pays, les unités de dialyse ferment dans les zones rurales, laissant des milliers de patients sans solution de proximité. Les fonds fédéraux, bien que bienvenus, peinent à enrayer cette tendance.