La Cour suprême de Virginie a invalidé les nouvelles cartes électorales la semaine dernière, par quatre voix contre trois. Le procureur général de l'État, soutenu par le gouverneur démocrate, a annoncé son intention de saisir la Cour suprême des États-Unis pour contester cette décision, invoquant la théorie de l'indépendance législative. Pourtant, comme l'a souligné le constitutionnaliste Rick Hasen, cette stratégie risque d'échouer au regard de l'arrêt Moore v. Harper.
Jusqu'à présent, les démocrates de Virginie semblaient sans recours. Pourtant, une proposition audacieuse circule parmi les législateurs et les membres du Congrès : abaisser l'âge de retraite obligatoire des juges de la Cour suprême de l'État, actuellement fixé à 75 ans, à 54 ans – l'âge du plus jeune magistrat en fonction. Cette idée, relayée par The New York Times, s'appuie sur un article publié vendredi dernier dans The Downballot, une newsletter progressiste.
Pour être appliquée, cette réforme nécessiterait l'approbation de la gouverneure démocrate de Virginie, Abigail Spanberger. Selon des sources proches du dossier, celle-ci n'a pas encore été informée de ce projet. Sa porte-parole, Libby Wiet, a refusé de tout commentaire.
Le plan, discuté lors d'une réunion de la délégation du Congrès, s'appuierait sur un arrêt rendu en janvier par un juge de circuit du comté de Tazewell. Ce dernier avait jugé invalide l'amendement constitutionnel de 2026, car les autorités locales n'avaient pas affiché l'avis public trois mois avant l'élection générale. Les démocrates pourraient utiliser cette décision pour contester l'amendement ayant créé la commission indépendante de redécoupage électoral, arguant que les avis n'avaient pas été correctement publiés dans l'ensemble de l'État. Cela permettrait à l'Assemblée générale, contrôlée par les démocrates, de dessiner elle-même les nouvelles cartes.
Pour concrétiser ce projet, les législateurs devraient d'abord réduire l'âge de retraite des juges de la Cour suprême de Virginie. Actuellement, les magistrats sont nommés par l'Assemblée générale, où les démocrates disposent de majorités dans les deux chambres. Une fois les postes vacants, ils pourraient être pourvus par des juristes favorables au parti, modifiant ainsi l'équilibre de la Cour. Celle-ci pourrait alors invalider la commission de redécoupage, avant que l'Assemblée ne valide de nouvelles cartes électorales – et ce, avant les primaires d'août.
Plusieurs élus démocrates ont déjà critiqué cette manœuvre. Si certains, comme le représentant Suhas Subramanyam (comté de Loudoun), ont exprimé leur soutien à cette stratégie pour préserver les cartes approuvées lors du référendum du mois dernier, d'autres y voient une atteinte à l'indépendance de la justice.