Une adaptation ambitieuse, mais inégale

La comédie musicale Beaches, inspirée du film culte de 1988 avec Bette Midler, a ouvert ses portes au Majestic Theater à Broadway. Malgré les attentes, le spectacle peine à séduire, malgré la présence du légendaire compositeur Mike Stoller.

Un moment fort, rapidement oublié

Le seul instant mémorable survient lors d’un numéro musical où les personnages, à différents âges, interprètent “Show the World Who You Are”. Cette scène, rappelant les montages musicaux des années 1960 comme Valley of the Dolls, offre une lueur d’espoir. Malheureusement, ce plaisir éphémère ne suffit pas à sauver le reste de la production.

Une intrigue chargée et des dialogues maladroits

L’histoire suit Bertie et Cee Cee, deux amies inséparables, depuis leur enfance jusqu’à l’âge adulte. Le premier acte, trop long, accumule les scènes inutiles. Les dialogues, parfois maladroits, frôlent l’incongruité. Par exemple, Bertie évoque une relation intime en utilisant l’expression “blow torch”, tandis que Cee Cee, incarnée par une adolescente, utilise un langage vulgaire. Ces choix scénaristiques soulèvent des questions sur la pertinence du spectacle.

Des costumes éloignés de l’esprit du film

Les costumes, signés Tracy Christensen, s’éloignent radicalement de l’esthétique des films Beaches ou Stella. Ils rappellent davantage les tenues de Stella Dallas, avec Barbara Stanwyck. Un choix surprenant qui déroute le public.

Un deuxième acte plus cohérent, mais toujours perfectible

Le deuxième acte, centré sur le diagnostic de cancer de Bertie, gagne en cohérence. Les chansons de Stoller, bien que correctes, peinent à rivaliser avec ses tubes comme “Yakety Yak” ou “Jailhouse Rock”. Les paroles d’Iris Rainer Dart, moins percutantes, ne parviennent pas à marquer les esprits.

Pour compenser ce manque, la production mise sur “Wind Beneath My Wings”, un tube qui n’a pourtant pas été composé par Stoller. Une décision qui semble désespérée pour sauver un spectacle en difficulté.

Une mise en scène à deux têtes

Face à l’ampleur des problèmes, la production a fait appel à deux metteurs en scène : Lonny Price et Matt Cowart. Une solution qui, visiblement, n’a pas suffi à redresser la barre.

Verdict : un naufrage malgré les efforts

Malgré le talent de Mike Stoller et les bonnes intentions des créateurs, Beaches reste une déception sur scène. Entre dialogues maladroits, costumes déroutants et intrigue surchargée, le spectacle peine à trouver son public. Une occasion manquée pour une comédie musicale qui aurait pu, à défaut d’être parfaite, offrir un peu plus de charme.

Source : The Wrap