Un RPG ambitieux, mais mal exécuté

Outerloop a marqué les esprits avec des jeux originaux comme Falcon Age, où l'histoire et le gameplay se complétaient pour créer une expérience mémorable. Après Thirsty Suitors, leur dernier RPG explorait les relations familiales, la culture et la cuisine. Dosa Divas, leur nouvelle création, tente de poursuivre cette voie, mais échoue à captiver autant que son prédécesseur.

Une intrigue confuse et un rythme déséquilibré

Le jeu plonge directement dans l'action, sans offrir de contexte clair. Les joueurs sont jetés au cœur d'une histoire déjà bien entamée, sans explication sur les tensions familiales ou les événements passés. Les trois sœurs, Amani, Samara et Lina, ont un passé commun lié à un restaurant familial. Pourtant, le jeu ne prend pas le temps de développer ces liens avant de plonger dans des conflits déjà avancés.

Le récit oscille entre des moments de tension et des phases de gameplay répétitives. Les deux premières heures donnent l'impression que le joueur doit déjà comprendre les dynamiques familiales, alors qu'il vient à peine de rencontrer les personnages. À l'inverse, les deux dernières heures s'étirent inutilement, avec des missions répétitives pour compléter des recettes et des quêtes secondaires.

Un manque de cohérence narrative

Dosa Divas mise davantage sur le "telling" que sur le "showing". Le jeu explique les conflits familiaux et les enjeux sociaux, mais ne les illustre pas de manière convaincante. Les dialogues et les scènes clés manquent de profondeur, ce qui empêche le joueur de s'attacher aux personnages comme dans Thirsty Suitors.

Le ton du jeu est également incohérent. Tantôt sérieux, tantôt humoristique, il peine à trouver un équilibre. Les relations entre les sœurs, bien que complexes, ne sont pas exploitées à leur plein potentiel. Lina, la sœur cadette, est présentée comme une antagoniste, mais son personnage manque de nuances, ce qui rend difficile l'empathie du joueur.

Un gameplay qui ne sauve pas l'expérience

Malgré des idées intéressantes, comme l'opposition entre la cuisine traditionnelle et la nourriture industrielle, le gameplay ne parvient pas à sauver l'expérience. Les combats sont répétitifs, et les missions de cuisine, bien que thématiquement pertinentes, deviennent fastidieuses. Le jeu semble plus adapté à une bande dessinée ou une série animée qu'à un RPG interactif.

« Dosa Divas a des moments forts, notamment dans la représentation des tensions familiales, mais le jeu souffre d'un manque de structure narrative et d'un rythme déséquilibré. »

Une conclusion décevante

Le jeu tente de conclure en proposant une réconciliation familiale et une critique du capitalisme, mais ces thèmes sont traités de manière superficielle. Les dernières heures, censées être intenses, se transforment en une série de quêtes répétitives et peu engageantes. Le joueur se retrouve à suivre une réhabilitation de la réputation familiale plutôt qu'une véritable résolution des conflits.

En résumé, Dosa Divas est une déception pour Outerloop. Malgré des idées prometteuses et des personnages attachants, le jeu échoue à offrir une expérience cohérente et immersive. Les joueurs en quête d'un RPG profond et captivant seront probablement mieux servis par d'autres titres.

Source : Siliconera