Une volte-face réglementaire aux conséquences sanitaires

L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) assouplit actuellement ses règles concernant les cigarettes électroniques non autorisées et renonce à interdire l’accès des mineurs aux lits de bronzage. Ces décisions, prises dans le contexte de l’ère MAHA, suscitent l’inquiétude des spécialistes de la santé publique.

Des mesures controversées pour les cigarettes électroniques

En mai, la FDA a accordé deux victoires à l’industrie du vapotage : l’autorisation de produits aromatisés aux fruits pour les adultes, une décision contestée par l’Académie américaine de pédiatrie, et l’annonce qu’elle ne prioriserait pas l’application des règles contre certains produits non autorisés.

Selon Axios, l’ancien commissaire de la FDA, Marty Makary, aurait résisté à l’approbation des cigarettes électroniques aromatisées avant de changer de position sous la pression de la Maison-Blanche. Cette volte-face aurait contribué à son renvoi.

Rich Danker, porte-parole en chef du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., a démissionné en signe de protestation contre cette décision, comme l’a révélé une lettre obtenue par The New York Times.

Des critiques sur l’interprétation des règles

Mitch Zeller, qui a dirigé le Centre des produits du tabac de la FDA de 2013 à 2022, estime que l’entreprise Glas, ayant obtenu l’autorisation, semble disposer de solides systèmes de vérification d’âge et de preuves de bénéfices pour la santé publique. Cependant, il s’inquiète d’éventuelles interférences politiques dans le processus.

La FDA justifie sa décision par un manque de ressources, précisant qu’elle se concentrera sur les produits les plus dangereux. « C’est une porte de sortie pour les entreprises qui ont enfreint la loi sans attendre l’examen scientifique de la FDA », déclare Zeller. Ces produits pourraient ainsi se retrouver sur les étalages aux côtés des produits autorisés, semant la confusion chez les consommateurs.

« Je pense que cette politique est malavisée, illégale sur le plan procédural et fondamentalement erronée », ajoute-t-il.

Un risque accru pour les jeunes

Une coalition bipartisane d’avocats généraux a critiqué cette décision, soulignant qu’elle « menace d’autoriser davantage de produits aromatisés accessibles aux jeunes, sans bénéfices sanitaires prouvés pour les adultes fumeurs ».

Bonnie Halpern-Felsher, professeure en pédiatrie à l’Université Stanford et fondatrice du laboratoire REACH pour réduire la consommation de substances chez les adolescents, met en garde : « Si vous dites aux jeunes que la FDA a approuvé ou rejeté un produit, ils y prêtent attention. Nous faisons clairement un pas en arrière. »

Les lits de bronzage : une menace sanitaire ignorée

Ces changements dans la réglementation du vapotage s’inscrivent dans une tendance plus large, selon les opposants. En mars, la FDA a retiré une proposition vieille de dix ans visant à interdire l’accès des mineurs aux lits de bronzage, un choix justifié par la nécessité de « réévaluer la meilleure façon de traiter les problèmes soulevés ».

Une étude récente lie ces appareils à une augmentation de près de trois fois le risque de mélanome. Pourtant, la FDA n’a pas fourni de calendrier pour une nouvelle proposition.

Un recul des mesures de protection

Ces décisions s’ajoutent à d’autres reculs, comme la révision du calendrier vaccinal pour les enfants ou l’abandon d’une interdiction des produits de bronzage pour les mineurs. Des experts craignent que ces mesures n’exposent davantage les jeunes à des produits à haut risque.

Source : Axios