L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) était autrefois perçue comme un organisme bureaucratique et prévisible. Aujourd’hui, elle est devenue le théâtre d’une série de rebondissements politiques dignes d’un feuilleton, avec des décisions qui influencent directement des secteurs entiers de l’économie américaine.

Le dernier épisode en date concerne le sort du commissaire Marty Makary. Vendredi dernier, des médias ont rapporté que le président Donald Trump aurait autorisé son renvoi, avant que cette décision ne soit finalement suspendue in extremis. Pourquoi cette incertitude ? Parce que la FDA supervise près d’un cinquième de l’économie américaine, et tout bouleversement à sa tête peut avoir des répercussions majeures sur les marchés, les politiques de santé publique et les innovations médicales.

Un mandat marqué par des polémiques et des réformes

Depuis son arrivée à la tête de la FDA, Marty Makary a été au cœur de plusieurs controverses : réglementation des pilules abortives, encadrement des cigarettes électroniques aromatisées, gestion des vaccins et des traitements contre les maladies rares. Pourtant, il a aussi mené des réformes visant à accélérer les approbations de médicaments et à réduire les lourdeurs administratives, des mesures dont les effets se feront sentir dans les mois à venir, qu’il reste ou non en poste.

Les spéculations persistent

Interrogé sur les rumeurs de son licenciement, Donald Trump a répondu vendredi : « J’en ai entendu parler, mais je n’en sais rien. » La Maison-Blanche n’a pas donné suite aux demandes de précisions sur son statut. Selon un responsable de la Maison-Blanche cité par Politico, ce seraient les hauts responsables du département de la Santé et des Services sociaux (HHS) qui pousseraient pour son départ, et non l’administration Trump elle-même. Les médias soulignent systématiquement que le président change souvent d’avis, une incertitude qui plane également sur le sort de Makary.

Un témoignage décisif et des scénarios de remplacement

Marty Makary doit témoigner mercredi devant le Comité des crédits du Sénat sur le budget 2027 de la FDA. Si son départ se confirme, plusieurs noms circulent pour lui succéder. Parmi les candidats internes, Kyle Diamantas, commissaire adjoint chargé de l’alimentation, est évoqué. Une autre option serait le retour d’un ancien commissaire de l’ère Trump, comme Stephen Hahn ou Brett Giroir, qui avait brièvement assuré l’intérim.

« Nous anticipons la nomination d’un commissaire moins disruptif, favorable à l’industrie, en phase avec les orientations récentes de l’administration pour modérer l’agence », a déclaré Will Humphrey, analyste chez Capstone, dans une note publiée la semaine dernière.

Les attentes des acteurs du secteur

Les laboratoires pharmaceutiques, qu’ils soient grands groupes ou startups biotech, réclament une FDA plus prévisible. Leur principale préoccupation concerne la capacité de l’agence à évaluer la sécurité et l’efficacité des traitements, alors que ses effectifs s’amenuisent. Malgré l’annonce récente par Makary d’un plan de recrutement de 3 000 scientifiques, les données de l’agence révèlent une baisse de plus de 19 % des effectifs dans les centres d’évaluation des médicaments et des produits biologiques depuis le début du mandat de Trump. Les postes de directeur et de commissaire adjoint restent particulièrement vacants.

Des décisions cruciales en suspens

La FDA doit également trancher sur plusieurs dossiers sensibles dans les mois à venir : l’évaluation de traitements expérimentaux contre le cancer, le TDAH, les maladies rares, ainsi que le vaccin contre la grippe à ARN messager de Moderna, initialement refusé avant que l’agence ne revienne sur sa décision.

« Les questions sur l’orientation future de la FDA restent entières : la nouvelle direction partagera-t-elle les priorités de Makary en matière d’innovation et de réduction des délais d’approbation ? » s’interroge un analyste.

Source : Axios