Les habitants des zones les plus défavorisées aux États-Unis ont moins accès aux dépistages du cancer, selon une récente étude. Les Federally Qualified Health Centers (FQHC), centres de santé fédéraux, desservent environ un Américain sur onze, principalement dans les quartiers à faible revenu.
Ces établissements offrent des soins médicaux et des services préventifs, tout en orientant les patients vers des aides sociales (logement, alimentation, transport). Pourtant, les chercheurs ont observé des écarts significatifs dans les taux de dépistage entre les différents FQHC, particulièrement dans les zones les plus vulnérables.
Le cancer colorectal présente la plus forte disparité : les populations défavorisées sont dépistées à un taux 15 points de pourcentage inférieur à celui des zones plus aisées. Pour le cancer du sein, l'écart est de 11 points, et de 8 points pour le cancer du col de l'utérus.
« Ces résultats sont alarmants, car les populations vulnérables cumulent déjà des facteurs de risque accrus : mauvaise alimentation, sédentarité et tabagisme. Pourtant, elles n'ont pas accès aux services de prévention qui pourraient leur sauver la vie. »
L'étude, publiée dans le Journal of General Internal Medicine, s'appuie sur les données 2022 du Health Resources and Services Administration Uniform Data System. Ce jeu de données couvre plus de 1 300 FQHC, desservant 29,8 millions de patients dans les 50 États et à Washington, DC.
Le principal facteur influençant ces écarts est le statut socio-économique : revenu, emploi et niveau d'éducation. Les personnes peu éduquées ou à faible revenu rencontrent des obstacles logistiques (faible littératie en santé, impossibilité de s'absenter du travail). Les personnes en situation de handicap ou ne maîtrisant pas l'anglais font également face à des difficultés supplémentaires.
Pour réduire ces inégalités, les chercheurs suggèrent de généraliser les kits de dépistage à domicile pour le cancer colorectal et d'étendre les services de télémédecine. Ces solutions permettraient d'accéder aux soins depuis le domicile ou des centres communautaires locaux.
Les FQHC, déjà confrontés à des contraintes financières et de personnel, pourraient aussi bénéficier d'une réforme de leur système de remboursement. « Les FQHC jouent un rôle crucial dans le système de santé, mais ils sont souvent négligés dans les discussions sur les réformes », souligne Eunhae Shin.
L'autrice plaide pour une meilleure prise en compte de ces centres et une politique publique renforcée pour réduire non seulement les disparités en matière de cancer, mais aussi pour d'autres maladies chroniques.