Le site conservateur The Blaze a publié en novembre 2024 un article accusant une ancienne policière du Capitole, Shauni Kerkhoff, d’être l’auteure de l’attentat à la bombe du 6 janvier 2021. L’accusation reposait sur une analyse de démarche, une méthode controversée, et a déclenché une réaction immédiate du FBI.

Selon une plainte déposée mardi par Kerkhoff, le FBI a envoyé des chiens renifleurs d’explosifs, des agents en tenue tactique et même un hélicoptère sur les lieux de son domicile. Une opération jugée dramatique, terrifiante et totalement injustifiée par la plaignante, qui avait pourtant défendu le Congrès lors de l’assaut du 6 janvier et témoigné contre certains émeutiers.

Une accusation basée sur une théorie farfelue

L’article du The Blaze, depuis rétracté, affirmait que la démarche de Kerkhoff ressemblait à celle de l’auteur de l’attentat. Cette allégation, largement moquée par le public, a pourtant été prise au sérieux par le FBI. La plainte révèle que le journaliste Steve Baker, auteur de l’article, avait partagé ses « conclusions » avec des collaborateurs de l’ancienne directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, avant même la publication.

Un mémo avait même été rédigé, identifiant Kerkhoff comme suspecte potentielle, selon CBS News.

Un raid spectaculaire et des conséquences lourdes

Deux jours avant la publication de l’article, Kerkhoff affirme avoir été convoquée par deux agents du FBI dans le cadre d’une enquête sur des « rumeurs en ligne » concernant son implication dans l’attentat. Peu après, elle aurait été placée en congé administratif par la CIA, où elle travaillait dans la sécurité.

Le jour du raid, Kerkhoff et son compagnon ont refusé l’entrée des agents dans leur domicile, mais ont accepté de les y retrouver. Rapidement, une caravane de véhicules du FBI a encerclé la rue, incluant un camion de déminage et un hélicoptère. Des agents en tenue tactique, armes au poing, ont « fouillé la maison » avec des chiens renifleurs, retournant tiroirs et objets personnels.

« Il lui est soudain venu à l’esprit que les agents ne cherchaient pas simplement une paire de chaussures », peut-on lire dans la plainte.

Kerkhoff, qui avait déjà témoigné contre des émeutiers du 6 janvier, dénonce une opération disproportionnée et une atteinte à sa réputation. Son avocat a confirmé à CBS News que des poursuites étaient en cours contre le FBI et The Blaze pour diffamation et violation de ses droits.

Un cas emblématique de l’influence des théories du complot

Cette affaire illustre la manière dont les théories du complot peuvent influencer les actions des autorités, même au plus haut niveau. Le FBI, dirigé à l’époque par Kash Patel, aurait agi sous la pression des spéculations virales, malgré l’absence de preuves tangibles.

La plainte de Kerkhoff met en lumière les dérives possibles lorsque des médias et des responsables politiques relayent des allégations non vérifiées, avec des conséquences concrètes et parfois dramatiques pour les personnes visées.

Source : The Bulwark