Un précédent coûteux : le fiasco de 1999

En 1999, la Californie a adopté le projet de loi S.B. 400, une décision qui allait marquer durablement les finances publiques. À l’époque, le marché boursier était en pleine expansion et le fonds de retraite des employés publics, CalPERS, affichait une santé financière exceptionnelle. Les rendements moyens atteignaient 13,5 % sur dix ans, avec des pics à 20 % les deux années précédentes. Les fonds de pension étaient alors surdotés à 100-139 %.

Contrairement aux plans 401(k) privés, où les employés assument les risques, les régimes de retraite par répartition garantissent un revenu fixe basé sur une formule. En période de croissance, ces systèmes fonctionnent bien. Mais en cas de crise, les déficits sont comblés par les contribuables.

Sous la pression des syndicats, notamment ceux des forces de l’ordre, la législature a augmenté les avantages. Le régime « 3 % à 50 » permettait aux agents de la patrouille autoroutière de prendre leur retraite à 50 ans avec 90 % de leur dernier salaire après 30 ans de service. Dans certains cas, les pensions ont bondi de 50 %. Ce modèle s’est ensuite étendu aux policiers et pompiers, puis aux autres employés publics.

L’effondrement des marchés et ses conséquences

Le marché boursier n’a pas continué sur sa lancée. Le krach de 2000 a révélé l’ampleur des déficits. Aujourd’hui, CalPERS n’est plus financé qu’à 79 %, un niveau considéré comme précaire. Les collectivités locales ont dû réduire les services publics et augmenter les impôts pour combler les trous. La crise des retraites explique en grande partie la dégradation des services en Californie.

« Les promoteurs du projet de loi de 1999 avaient promis qu’il n’engendrerait aucun coût supplémentaire pour les contribuables », rappelle un article du Los Angeles Times en 2016. « Le fonds de retraite des employés d’État, disaient-ils, croîtrait suffisamment pour couvrir les dépenses. Ils se sont trompés de plusieurs milliards. » Ironiquement, l’indice Dow Jones a commencé à chuter la même année que l’adoption de S.B. 400.

Deux nouveaux projets de loi risquent d’aggraver la situation

Malgré ce précédent, deux nouveaux projets de loi sont en discussion à l’Assemblée. Ils prévoient d’étendre les avantages de retraite, reproduisant les mêmes erreurs. Les syndicats, notamment ceux des services publics, font pression pour ces hausses, arguant de la nécessité de recruter et retenir les employés.

Les économistes et les analystes financiers mettent en garde : les marchés ne sont pas éternellement haussiers. Une nouvelle crise pourrait plonger les fonds de pension dans une situation encore plus critique, forçant l’État à puiser davantage dans les caisses publiques.

« L’histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent. La Californie semble déterminée à écrire une nouvelle strophe de cette rime, malgré les leçons du passé. »

Ce que disent les experts

  • CalPERS en difficulté : Le fonds de retraite, autrefois florissant, est aujourd’hui sous-financé à 79 %, un niveau jugé insuffisant.
  • Conséquences pour les contribuables : Hausse des impôts et réduction des services publics pour combler les déficits.
  • Risque de répétition : Les deux projets de loi en discussion pourraient aggraver la crise, comme en 1999.
  • Pression syndicale : Les syndicats des services publics poussent pour des avantages accrus, malgré les risques financiers.

Une économie californienne en équilibre précaire

Alors que l’État tente de se remettre de la pandémie et fait face à des défis économiques majeurs, ces nouvelles mesures pourraient fragiliser davantage ses finances. Les législateurs sont-ils en train d’ignorer les signaux d’alerte ?

Les Californiens pourraient bien payer le prix fort, une fois de plus, pour des décisions prises dans l’euphorie d’un marché en hausse.

Source : Reason