Une interception musclée dans le détroit stratégique

Les États-Unis ont mené une opération militaire pour intercepter et saisir un cargo battant pavillon iranien dans le détroit d'Ormuz, dimanche. Washington accuse le navire, nommé Touska, d'avoir tenté de contourner un blocus naval américain mis en place la semaine dernière autour des ports iraniens.

Cette interception marque la première depuis le début du blocus. Le commandement militaire conjoint iranien a qualifié l'opération de piraterie et de violation de la trêve en vigueur, selon les médias d'État iraniens.

Une trêve en danger à l'approche de son expiration

Avec l'escalade des tensions entre Washington et Téhéran autour du détroit d'Ormuz, et la trêve devant expirer mercredi, l'avenir des négociations annoncées par le président Donald Trump reste incertain. Celui-ci avait déclaré que des négociateurs américains se rendraient au Pakistan dès lundi.

Cette incertitude a provoqué une nouvelle hausse des prix du pétrole, aggravant une crise énergétique mondiale déjà critique.

Des détails de l'opération révélés par Trump

Sur les réseaux sociaux, Donald Trump a détaillé l'opération : un destroyer lance-missiles de la marine américaine dans le golfe d'Oman a sommé le cargo iranien de s'arrêter. Après six heures d'avertissements répétés, le navire a été neutralisé en perçant la salle des machines.

Les Marines américains ont pris le contrôle du navire, sous sanctions américaines, et inspectent actuellement sa cargaison. Aucune information n'a été communiquée sur d'éventuels blessés.

Le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé avoir émis des avertissements répétés sur une période de six heures, sans répondre aux questions supplémentaires.

L'Iran menace de riposter et met en doute les négociations

Le commandement militaire iranien a promis une réponse ferme, tandis que les médias d'État iraniens ont rapidement mis en doute la tenue des nouvelles négociations.

Quelques minutes seulement après l'annonce de la saisie du navire, les médias iraniens ont rapporté un appel téléphonique entre le président iranien Masoud Pezeshkian et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Selon ces sources non officielles, Pezeshkian aurait exprimé ses doutes quant à la sincérité des États-Unis, évoquant des comportements intimidants et irrationnels.

Deux tentatives de négociations précédentes, en juin 2023 et début 2024, avaient été interrompues par des attaques israéliennes et américaines.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également critiqué les actions, rhétoriques et contradictions récentes des États-Unis, qualifiant ces signes de mauvaise volonté et de manque de sérieux dans la diplomatie.

Des préparatifs de sécurité en cours au Pakistan

Bien que le Pakistan n'ait pas confirmé la tenue d'une seconde ronde de négociations, les autorités ont renforcé la sécurité à Islamabad. Un responsable régional impliqué dans les efforts de médiation a révélé que les préparatifs étaient en phase finale et que des équipes de sécurité américaines étaient déjà sur place. Ce responsable a requis l'anonymat, n'étant pas autorisé à s'exprimer publiquement.

La délégation américaine, dirigée par le vice-président JD Vance, comprendrait également les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner. Vance avait mené les premières négociations historiques en face-à-face, d'une durée de 21 heures, le week-end précédent.

L'Iran reçoit de nouvelles propositions, mais les écarts persistent

L'Iran a indiqué avoir reçu de nouvelles propositions américaines. Cependant, le président du Parlement iranien, Mohammed Bagher Qalibaf, a souligné samedi soir qu'il n'y aurait aucun recul sur le plan diplomatique, tout en reconnaissant un écart important entre les positions des deux pays.