Le géant des médias Paramount Global pourrait bien se heurter à un obstacle majeur en Chine. Le rachat de Warner Bros Discovery pour 111 milliards de dollars, partiellement financé par des fonds souverains du Moyen-Orient et des investisseurs asiatiques, attire l’attention des autorités américaines.

Lors d’un récent échange, l’économiste Catherine Rampell a souligné les tensions autour de l’utilisation de la FCC (Federal Communications Commission) comme outil politique. Certains y voient une manœuvre pour affaiblir les opposants à Donald Trump, tandis que d’autres craignent une protection excessive de ses alliés.

Mais c’est surtout le rôle des capitaux étrangers dans le financement de ce méga-rachat qui inquiète. Dans son dépôt réglementaire de 2025, Paramount affirme qu’aucune revue du CFIUS (Comité sur l’investissement étranger aux États-Unis) n’est nécessaire. Pourtant, près de la moitié des fonds proviennent de sources étrangères, dont des fonds souverains du Moyen-Orient.

Parmi les arguments avancés par Paramount : les fonds souverains n’auront aucun droit de gouvernance sur la nouvelle entité. Pourtant, Tencent, une entreprise chinoise liée au Parti communiste chinois et classée comme « entreprise militaire chinoise » par le Département de la Défense américain, reste un investisseur passif. Bien qu’il ait officiellement quitté le projet, il détiendrait encore environ 5 % de l’entité fusionnée.

Cette situation a poussé des sénateurs comme Elizabeth Warren et Cory Booker à exiger une revue complète du CFIUS. Dans une lettre, ils soulignent que le retrait puis la réintroduction de Tencent, à des montants calculés pour rester sous les seuils réglementaires, pourrait constituer une tentative d’éviter un examen approfondi.

« Le fait que Tencent se soit retiré puis réintroduit à moindre échelle ne résout pas la question du CFIUS – cela la renforce », ont-ils écrit. « Ce schéma suggère que la structure financière de l’opération est conçue pour contourner les règles. »

Les sénateurs s’interrogent notamment sur l’influence potentielle de Pékin sur les contenus médiatiques américains, notamment via des médias comme CNN ou CBS, détenus par Paramount. Bien que Tencent n’ait officiellement aucun droit de vote, son rôle passif soulève des questions sur d’éventuelles pressions indirectes.

Pour l’instant, Paramount maintient que la transaction ne nécessite pas de revue du CFIUS. Mais avec l’opposition croissante au Congrès, le dossier pourrait prendre une tournure politique.

Source : The Bulwark