L’étude qui explore les rêves à travers le prisme de la personnalité
Une nouvelle étude publiée dans Communications Psychology par Valentina Elce et son équipe de l’IMT School for Advanced Studies Lucca apporte un éclairage inédit sur les rêves. En analysant plus de 3 700 récits de rêves issus de 207 participants, les chercheurs ont établi un lien entre nos traits de personnalité et le contenu de nos rêves, tout en étudiant l’impact des événements mondiaux, comme la pandémie de COVID-19.
Des rêves influencés par notre quotidien et notre psyché
Pour mener cette recherche, les scientifiques ont recruté 207 adultes italiens âgés de 18 à 70 ans. Chaque participant a décrit ses rêves au réveil, en évaluant des critères comme la bizarrerie, la vivacité, la valence émotionnelle et le sentiment de contrôle sur les événements oniriques. Ils ont également consigné leurs expériences éveillées tout au long de la journée.
Les résultats révèlent que les personnes enclines à l’errance mentale (mind-wandering) lors de l’éveil ont tendance à faire des rêves plus étranges. « Nos découvertes montrent que la bizarrerie des rêves est associée à une tendance accrue à l’errance mentale, entraînant des changements fréquents de cadre narratif », expliquent les chercheurs. Cette observation suggère que le rêve et l’errance mentale pourraient partager des bases neurales et cognitives communes.
La pandémie de COVID-19 a marqué nos nuits
Un second groupe de 80 participants a consigné ses rêves pendant les premiers mois de la pandémie, d’avril à mai 2020. Les chercheurs ont observé une augmentation des références aux limitations et une intensité émotionnelle accrue dans les rêves, des effets qui se sont atténués avec le temps.
« Pendant le confinement, les rêves reflétaient davantage les contraintes et les émotions exacerbées, mais ces effets se sont normalisés progressivement au fil des années », précise l’équipe dirigée par Valentina Elce. Ces résultats démontrent que nos traits individuels stables et nos expériences ponctuelles façonnent ensemble la sémantique de nos rêves.
Méthodologie : une analyse quantitative des récits de rêves
Les chercheurs ont utilisé des modèles de traitement automatique du langage pour analyser la structure sémantique des récits de rêves. Ils ont également établi des corrélations entre les traits de personnalité des participants et leurs expériences oniriques. Par exemple, les personnes ayant une imagination plus active ou une tendance à l’introspection ont rapporté des rêves plus complexes et inhabituels.
Vers une meilleure compréhension du lien entre rêve et réalité
Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives pour explorer comment notre cerveau traite les émotions et les expériences vécues, même pendant le sommeil. Ils soulignent également l’importance des événements extérieurs, comme une crise sanitaire mondiale, dans la formation de nos scénarios oniriques.
« Nos rêves ne sont pas de simples reflets aléatoires de notre esprit. Ils sont façonnés par notre personnalité, nos émotions et même les bouleversements de notre époque. »
Pour aller plus loin
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