Le Sénat américain s’apprête à voter, jeudi 14 mai 2026, sur la loi Digital Asset Market Clarity Act (CLARITY), un texte législatif qui pourrait profondément transformer le paysage financier américain. Cette initiative, soutenue par le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, est présentée comme un compromis équilibré entre les acteurs du crypto et les banques traditionnelles.

Un compromis historique pour l’industrie crypto

Brian Armstrong a déclaré, lors d’une intervention sur Fox News, que la loi CLARITY représente « le meilleur compromis » jamais atteint depuis le début des négociations. « Nous sommes prêts à soutenir le vote en commission cette semaine », a-t-il affirmé, soulignant que le texte est désormais dans une forme optimale pour avancer.

La loi, officiellement intitulée H.R. 3633, a déjà été adoptée par la Chambre des représentants le 17 juillet 2025 par 294 voix contre 134, avec un soutien bipartisan marqué : tous les républicains et 78 démocrates ont voté en sa faveur. Depuis, le texte est bloqué au Sénat en raison de désaccords persistants, notamment sur la régulation des stablecoins et la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC.

Une régulation claire pour les actifs numériques

Le cœur de la loi CLARITY consiste à définir les rôles de la SEC et de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) :

  • La CFTC obtiendrait une autorité exclusive sur les marchés au comptant et les échanges de commodities numériques.
  • La SEC conserverait son pouvoir sur les actifs considérés comme des contrats d’investissement et les levées de fonds primaires.
  • Les stablecoins seraient encadrés séparément, sous une supervision partagée.

La version sénatoriale du texte a été élargie pour inclure neuf titres couvrant :

  • La protection de la finance décentralisée (DeFi).
  • Les mesures contre le financement illicite.
  • Des garanties en cas de faillite pour les clients crypto.
  • Le Blockchain Regulatory Certainty Act, qui offre des protections aux développeurs de logiciels publiant du code sans contrôler les fonds des utilisateurs.

Le bras de fer sur les rendements des stablecoins

L’un des points les plus controversés de la loi concernait la rémunération des stablecoins. Les banques craignaient qu’autoriser les plateformes crypto à verser des intérêts sur les stablecoins ne provoque un exode des dépôts vers ces nouveaux produits, menaçant leurs activités de prêt. À l’inverse, Coinbase et d’autres acteurs du secteur ont dénoncé une tentative de mainmise des banques sur un marché en pleine expansion.

Un compromis a finalement été trouvé grâce à l’intervention des sénateurs Thom Tillis (R-NC) et Angela Alsobrooks (D-MD). La section 404 de la loi encadre désormais les rendements des stablecoins, limitant les risques pour le système bancaire traditionnel tout en permettant aux utilisateurs de bénéficier de nouveaux outils financiers.

Un calendrier ambitieux pour une adoption rapide

Le président de la commission bancaire du Sénat, Tim Scott, a fixé un objectif de vote final au Sénat d’ici juin ou juillet 2026. La Maison-Blanche, de son côté, vise le 4 juillet 2026 pour une signature présidentielle, marquant ainsi une étape symbolique dans l’adoption de cette réforme.

Si elle est adoptée, la loi CLARITY pourrait non seulement clarifier le cadre réglementaire des actifs numériques aux États-Unis, mais aussi servir de modèle pour d’autres pays cherchant à concilier innovation financière et stabilité du système bancaire.

« Cette loi est une avancée majeure pour l’industrie crypto américaine. Elle offre enfin une visibilité réglementaire, essentielle pour attirer les investissements et stimuler l’innovation. »
Brian Armstrong, PDG de Coinbase