Une série d’attaques révèle les lacunes de la lutte antiterroriste
Le mois de mars a servi de test de résistance pour les autorités américaines en matière de contre-terrorisme. Le 1er mars, un homme portant un drapeau iranien a tué trois personnes dans un bar du Texas. Peu après, une attaque à l’explosif artisanal a visé la résidence du maire de New York. Le 12 mars, une fusillade meurtrière a éclaté sur un campus universitaire en Virginie, suivie dans l’après-midi par une attaque au véhicule-bélier contre une synagogue du Michigan. Quelques jours plus tard, un homme a été arrêté pour avoir menacé de commettre une tuerie de masse dans une mosquée de l’Ohio.
Des experts alertent sur l’affaiblissement des services de renseignement
Pour les anciens et actuels responsables de la sécurité nationale, ces événements confirment leurs craintes exprimées en 2019. À l’époque, le président Donald Trump avait réorienté les ressources antiterroristes vers sa campagne de déportations massives, réduisant ainsi la capacité des agences à réagir en cas de crise majeure. Aujourd’hui, avec la guerre en Iran, les États-Unis se retrouvent face à un État sponsor du terrorisme, alors que leurs services de sécurité ont perdu des experts et que leur leadership est instable.
Sebastian Gorka, un conseiller sous le feu des critiques
Sebastian Gorka, conseiller à la Maison-Blanche pour la lutte antiterroriste, est chargé de rédiger une stratégie nationale. Pourtant, malgré ses annonces répétées depuis près d’un an, aucun plan n’a été publié. En juillet 2020, il promettait un document « imminent ». En octobre, il évoquait être « à la veille » de le dévoiler. En janvier, il réitérait cette affirmation. Aujourd’hui, le silence persiste.
Selon d’anciens responsables, ce retard s’explique par une stratégie davantage politique qu’intelligente, avec peu de détails concrets sur la manière de contrer les menaces. « Une stratégie ne vaut que par les ressources qu’on y investit », a déclaré un ancien haut fonctionnaire de la première administration Trump. « Nous entrons dans une zone très dangereuse. »
Un parcours marqué par les controverses
L’ascension de Gorka, connu pour son tempérament explosif et son style provocateur, reflète les transformations de l’agenda antiterroriste sous Trump. ProPublica a interrogé plus de deux douzaines d’experts en sécurité nationale, de tous bords politiques, pour retracer son parcours. La plupart ont parlé sous couvert d’anonymat, craignant des représailles de l’administration.
Gorka, dont les déclarations grandiloquentes sont souvent teintées de provocation, a été contraint de quitter son poste après seulement sept mois lors du premier mandat de Trump. Des collaborateurs l’avaient alors qualifié de « perturbateur » dans un environnement habituellement policé. Son retour sous une forme plus discrète suscite désormais l’inquiétude quant à la capacité des États-Unis à anticiper et neutraliser des attaques majeures.
« Les stratégies ne valent que par les moyens qu’on y consacre. Nous entrons dans une zone très dangereuse. »
Un manque de clarté qui inquiète
Alors que les attaques se multiplient, l’absence de stratégie claire soulève des questions sur la préparation des États-Unis face aux menaces terroristes. Les experts soulignent que les réductions budgétaires et le turnover des responsables ont affaibli les capacités des agences de renseignement, rendant toute réponse efficace encore plus difficile.