Un audit interne après des erreurs majeures

Le ministère de la Justice (DOJ) américain mène un audit interne sur la publication chaotique des dossiers Jeffrey Epstein, selon l'Associated Press. Cette initiative fait suite à la loi sur la transparence des dossiers Epstein, adoptée par un groupe bipartisan au Congrès malgré le scepticisme de Donald Trump, qui l'avait qualifiée de « canular ».

Des retards et des mensonges

Le DOJ a dépassé de plusieurs mois le délai de 30 jours imposé par le Congrès pour publier les documents. L'ancien procureur général Pam Bondi avait affirmé en février 2025 que la liste des clients d'Epstein se trouvait « sur son bureau », avant que le DOJ ne reconnaisse plus tard que cette liste n'avait jamais existé.

En janvier 2024, le DOJ a finalement publié environ trois millions de documents. Cependant, près de 100 noms de victimes et des photos intimes ont été laissés en accès libre, tandis que des informations potentiellement utiles à l'enquête ont été censurées. Le DOJ a retiré des milliers de fichiers, invoquant des « erreurs techniques ou humaines ».

Des accusations de dissimulation

Les erreurs de publication et les retards alimentent les soupçons d'une tentative de dissimulation. Aucune arrestation n'a eu lieu aux États-Unis dans l'affaire du réseau de trafic sexuel d'Epstein, malgré la disponibilité des documents. Par ailleurs, 2,5 millions de fichiers restent non publiés, laissant dans l'ombre de nombreux acteurs du réseau.

Un audit interne suffisant ?

L'audit est mené par l'Inspection générale du DOJ, qui examine « la manière dont le ministère a collecté, examiné et expurgé les documents avant leur publication ». Cependant, la crédibilité de cette enquête est remise en question, car elle est menée en interne. Donald Trump a limogé ou rétrogradé plus de 20 inspecteurs généraux pendant son second mandat, affaiblissant les mécanismes de contrôle.

« Quand un individu publie des photos intimes d'une personne sans son consentement, il va en prison. Quand le DOJ de Trump le fait, personne n'est même licencié. »

Les attentes de la société civile

Les associations de victimes et les observateurs espèrent que cet audit permettra de clarifier les dysfonctionnements et d'accélérer la publication des documents restants. Cependant, la méfiance envers le DOJ reste forte, compte tenu des précédents manquements et des accusations de partialité politique.