La Louisiane a officiellement répondu aux demandes de suspension présentées par les laboratoires Danco et GenBioPro concernant l'ordre du Cinquième Circuit américain, qui interdit la prescription de mifépristone par télémedecine pour les interruptions volontaires de grossesse. Dans sa réponse, l'État défend avec fermeté sa théorie de l'intérêt à agir et justifie l'ordre rendu par la cour d'appel.
Alors que les juges de la Cour suprême américaine doivent examiner cette affaire avant l'expiration de la suspension administrative fixée à lundi 17h, près d'une trentaine de mémoires d'amicus curiae ont été déposés par des individus et organisations aux positions variées. Pourtant, peu de ces documents devraient avoir un impact réel sur la décision finale, et encore moins apporter des éléments nouveaux par rapport aux arguments déjà présentés par les parties.
Ces mémoires permettent à des groupes militants, des figures politiques ou des universitaires de marquer leur engagement en faveur d'une cause. Ils servent également à rassurer les donateurs ou les membres des organisations en démontrant une implication active. Quant aux avocats, ils y voient une opportunité d'enrichir leur curriculum vitae, indépendamment de la pertinence juridique des arguments avancés.
Un acteur majeur reste étrangement absent de ce débat : la Food and Drug Administration (FDA). L'ordre du Cinquième Circuit suspend une réglementation de l'agence, mais celle-ci n'a pas encore pris position publiquement. Bien que la FDA examine actuellement sa décision de 2023 autorisant la prescription de mifépristone par télémedecine et ait reconnu certaines lacunes dans son analyse, l'administration Trump a généralement réagi avec agressivité face aux décisions de justice bloquant les actions fédérales. Elle a systématiquement invoqué un préjudice irréparable pour l'État, se retrouvant ainsi dans une position délicate : mécontenter les organisations pro-vie ou sacrifier la crédibilité de la FDA.
Alors que la suspension administrative expire lundi à 17h, il est probable que la Cour suprême se prononce avant cette échéance. Plusieurs options s'offrent à elle, au-delà du simple blocage ou de l'application de l'ordre du Cinquième Circuit.
Les juges pourraient, par exemple, solliciter des éclaircissements supplémentaires de la part de la FDA, retardant ainsi une décision définitive. Ils pourraient également estimer que cette affaire mérite une attention particulière, notamment sur la question de l'intérêt à agir de la Louisiane.
Un autre scénario plausible serait que la Cour traite les demandes de suspension comme une certiorari avant jugement, en raison d'un conflit de compétence entre le Cinquième et le Neuvième Circuit sur la théorie de l'intérêt à agir défendue par la Louisiane. Dans sa réponse, l'État avait d'ailleurs anticipé cette possibilité, se disant prêt à accepter une certiorari avant jugement et une audience avant la pause estivale si la Cour le souhaitait. Cependant, avec l'ensemble des dossiers déjà en cours avant juillet, il est peu probable que la Cour accélère le processus à ce point. Une prise en considération de la théorie de l'intérêt à agir de l'État reste néanmoins une possibilité réelle.