Le constructeur allemand Porsche procède à un profond remaniement stratégique, marqué par l’abandon de ses ambitions électriques et la suppression de centaines d’emplois. Cette décision fait suite à un recul de la demande, à l’augmentation des coûts liés aux tarifs douaniers et à l’échec de sa stratégie de transition vers l’électrique.
Fermeture de filiales et suppressions d’emplois
Plusieurs entités spécialisées dans l’électrique seront fermées, entraînant la perte de 500 postes. Parmi elles figurent :
- Cellforce Group : filiale dédiée au développement de batteries lithium-ion haute performance pour les véhicules électriques et le sport automobile. Son activité n’est plus jugée viable à long terme, entraînant 50 suppressions d’emplois.
- Porsche eBike Performance : division spécialisée dans les systèmes de propulsion pour vélos électriques. La baisse de la demande dans ce segment conduit à la fermeture du site et à la perte de 360 emplois.
- Cetitec : entreprise de conseil technique pour les programmes de développement automobile. 90 postes seront supprimés, dont 60 en Allemagne et 30 en Croatie.
Ces mesures s’inscrivent dans une volonté de recentrer Porsche sur son cœur de métier, à savoir la production de véhicules thermiques et hybrides.
Un virage stratégique sous la pression du marché
Le PDG de Porsche, Michael Leiters, a justifié ces décisions en déclarant :
« Porsche doit se recentrer sur son activité principale. C’est la base indispensable pour une réorientation stratégique réussie, même si cela implique des coupes douloureuses, y compris au niveau de nos filiales. »
Cette restructuration s’accompagne d’un remaniement de la direction, avec notamment la dissolution de la division Car-IT, spécialisée dans les logiciels embarqués. Cette entité, créée il y a quelques années pour moderniser l’infodivertissement et les fonctionnalités connectées de Porsche, sera intégrée au département R&D dirigé par Michael Steiner.
Des défis persistants sur le marché
Malgré ses efforts, Porsche fait face à des difficultés persistantes :
- La demande pour les véhicules thermiques, notamment le Macan, reste forte, alors que l’offre électrique peine à convaincre, en particulier aux États-Unis.
- Le constructeur ne prévoit pas de nouveau modèle thermique ou hybride pour le Macan avant 2028, laissant un vide dans sa gamme phare.
- En Chine, les ventes reculent face à une concurrence accrue des marques locales proposant des véhicules électriques à des prix plus attractifs et dotés de technologies avancées.
Ces ajustements interviennent après la vente récente des participations de Porsche dans Bugatti et Rimac, confirmant une volonté de recentrage sur ses activités automobiles traditionnelles.
Un retour en arrière coûteux
Porsche avait investi massivement dans sa transition électrique, mais cette stratégie s’est révélée prématurée et coûteuse. Aujourd’hui, le constructeur doit faire face à des pertes financières importantes et à une réorganisation en profondeur pour préserver sa rentabilité.