WASHINGTON — Le Pentagone et les sénateurs républicains s’affrontent sur l’application de la loi sur les pouvoirs de guerre, alors que le délai de 60 jours, imposé pour obtenir une autorisation du Congrès ou mettre fin aux opérations militaires, approche à grands pas.

Les premières frappes américaines contre l’Iran ont été lancées le 28 février. Pourtant, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a proposé une interprétation controversée lors d’une audition devant la commission des forces armées du Sénat. Selon lui, le compte à rebours pourrait être suspendu ou arrêté en cas de cessez-le-feu.

Cette position a trouvé un écho chez certains républicains, pourtant favorables à une résolution limitant les pouvoirs présidentiels en matière de guerre. Le sénateur Todd Young (R-Indiana) a déclaré aux journalistes : « Il semble qu’il y ait une marge de manœuvre dans son interprétation. Nous allons examiner leur réponse. »

Josh Hawley (R-Missouri) a ajouté : « J’imagine que l’administration nous enverra une notification officielle précisant où elle se situe par rapport à la loi sur les pouvoirs de guerre. Soit elle demandera 30 jours supplémentaires, soit elle estimera ne pas avoir besoin de plus de temps pour des raisons X, Y ou Z. »

Les démocrates rejettent fermement cette interprétation

Les élus démocrates ont vivement critiqué l’argumentation de l’administration. Le sénateur Tim Kaine (D-Virginie) a rétorqué : « Un cessez-le-feu signifie que les bombes ne tombent plus. Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus d’hostilités. Si l’armée américaine bloque toutes les entrées et sorties d’Iran, cela reste une agression. »

Kaine a également accusé l’administration de chercher à contourner la limite des 60 jours : « Leur réponse montre qu’ils savent qu’ils ont un problème et qu’ils tentent de le justifier. »

Un précédent sous Obama

Cette polémique rappelle les tensions entre le Congrès et la Maison-Blanche lors du conflit en Libye en 2011. À l’approche du délai de 60 jours, l’administration Obama avait alors soutenu que les actions américaines – soutien logistique et renseignement – ne constituaient pas des « hostilités » au sens de la loi sur les pouvoirs de guerre.

Les républicains avaient vivement réagi. L’ancien président de la Chambre des représentants, John Boehner (R-Ohio), avait déclaré au New York Times : « Nous participons à des frappes sur les positions de Kadhafi. Il est difficile de prétendre que nous ne sommes pas en pleine hostilité. »

Un délai qui ne préoccupe pas le président de la commission

Malgré ces divisions, le sénateur Roger Wicker (R-Mississippi), président de la commission, a affirmé ne pas être « trop inquiet » quant au respect du délai de 60 jours.

Source : Axios