« J’ai tout fait pour éviter d’écrire sur Vargas ces derniers temps », déclarait la semaine dernière Michael Waterloo, analyste fantasy chez Baseball Prospectus. « Il a 34 ans, et la grande majorité des joueurs de fantasy n’avaient jamais entendu parler de lui avant les deux dernières semaines. Pourtant, nous disposons d’un échantillon de près de 1 400 passages au bâton sur sa carrière pour affirmer que ce qu’il fait n’est ni durable ni représentatif de son vrai niveau. »
Ces arguments justifient amplement l’hésitation de Waterloo à consacrer un article à Ildemaro Vargas. Pourtant, il y a eu un « mais ».
Un profil atypique et une régularité surprenante
Waterloo évoquait Vargas dans le cadre de joueurs disponibles sur les listes de ballottage des ligues fantasy, capables d’apporter un soutien ponctuel. Mais l’absence de mention de Vargas dans les débats s’explique aussi par un fait rare : depuis le début de sa carrière en MLB, il n’a jamais été aussi accessible sur les listes de ballottage qu’aujourd’hui.
Vargas, dont la série de 27 matchs consécutifs avec au moins un coup sûr s’est terminée samedi après un 0-en-4, conserve la meilleure moyenne au bâton de la ligue (.388). Son atout ? Une polyvalence rare et une capacité à produire des résultats constants, malgré un profil offensif atypique : peu de buts-sur-balles, presque aucun retrait sur prises, et une capacité à toucher des balles même hors de la zone de strike. Son jeu rappelle celui d’une version économique de Luis Arraez : contact précis, peu spectaculaire, mais redoutablement efficace.
Un profil qui intéresse les équipes de MLB, comme les Diamondbacks qui l’ont recruté à trois reprises, mais qui ne garantit pas une stabilité professionnelle.
Un parcours semé d’embûches
Signé par les Diamondbacks en 2015 après un passage en ligue indépendante, Vargas avait déjà connu un parcours chaotique. Repéré par les Cardinals en 2009, il n’avait atteint que le niveau Double-A en six saisons, avec seulement huit matchs joués à ce niveau. À 23 ans, son OPS en Atlantic League débutait par un 6, signe d’un potentiel encore incertain.
Pourtant, il a réussi à intégrer les majeures dès 2017. Depuis, il a joué dans presque toutes les saisons, mais son parcours reste précaire. Les Diamondbacks l’ont échangé contre une somme d’argent en 2020, avant de le racheter en 2021. Entre-temps, il a porté les couleurs des Twins, des Cubs et des Pirates. Ses statistiques s’améliorent avec le temps, mais il n’a jamais atteint la moyenne de la ligue, sauf en 2022, année partagée entre les Cubs et les Nationals.
Son cas illustre peut-être une corrélation troublante : plus il joue, mieux il performe… mais moins il joue, plus il reste disponible.
Pourquoi Vargas fascine-t-il autant ?
- Polyvalence : capable de jouer plusieurs positions, il est un atout pour les équipes en quête de flexibilité.
- Résultats immédiats : malgré un profil peu orthodoxe, il produit des coups sûrs avec une régularité remarquable.
- Accessibilité : son statut actuel sur les listes de ballottage en fait une cible privilégiée pour les managers de fantasy.
« Vargas incarne cette catégorie de joueurs qui ne brillent pas par leur talent exceptionnel, mais par leur capacité à être là quand il le faut. » — Analyste MLB anonyme