Alex Jones, toujours debout malgré les défaites judiciaires

En janvier, Alex Jones, fondateur d’Infowars, s’étonnait encore de la survie de son empire médiatique. « Je pensais que nous serions fermés l’année dernière », déclarait-il à l’antenne, avant d’ajouter : « Je pensais que nous serions fermés le mois dernier ». Il sollicitait alors ses auditeurs pour financer son site, proposant des objets collectors comme une pièce à 111 dollars ou des affiches à son effigie et à celle de Donald Trump.

En mars, Jones réitère ses craintes lors d’un échange avec le streamer Tim Pool, évoquant une fermeture imminente : « Nous allons fermer d’ici le mois prochain ». Pourtant, malgré des pertes colossales et des jugements totalisant plus d’un milliard de dollars, Infowars persiste. Les familles des victimes de la tuerie de Sandy Hook, qu’il avait qualifiée de « complot », n’ont toujours pas reçu un centime des dommages et intérêts.

La faillite comme stratégie de survie

En 2022, Jones et Infowars déposent leur bilan sous le régime du Chapter 7, déclenchant une série de procédures judiciaires au Texas. Plutôt que de mettre fin à ses activités, cette stratégie a permis à Jones de gagner du temps, tout en continuant à lever des fonds auprès de ses partisans. Pourtant, les créanciers, dont les familles de Sandy Hook, attendent toujours leur dû.

Un rachat inattendu par The Onion

La situation prend un nouveau tournant lorsque The Onion, site satirique américain, annonce avoir conclu un accord avec le liquidateur judiciaire d’Infowars pour reprendre le contrôle du site. Sous réserve de l’approbation d’un juge, Global Tetrahedron, maison mère de The Onion, pourrait exploiter Infowars pendant six à douze mois, le transformant en une parodie de lui-même.

Un exemple de cette transformation ? Des publicités parodiques comme « TRANSFORMEZ VOTRE PISSE EN OR » ou « TRANSFORMEZ VOTRE OR EN PISSE », partagées par Ben Collins, PDG de The Onion. Une fin ironique pour un site qui a bâti sa réputation sur des théories du complot les plus extravagantes.

Les théories conspirationnistes qui ont fait la renommée d’Infowars

  • Les hélicoptères noirs et les prétendus projets gouvernementaux secrets.
  • Les camps FEMA, supposés servir de prisons en cas de crise nationale.
  • Les produits chimiques « rendant les grenouilles homosexuelles », une affirmation devenue virale.

Un déclin inéluctable ?

Fondé en 1999, Infowars a connu un essor fulgurant, devenant une référence – ou un repoussoir – pour les amateurs de théories conspirationnistes. Pourtant, les défaites judiciaires répétées et les condamnations financières ont sérieusement ébranlé sa crédibilité. Le rachat par The Onion pourrait bien sonner le glas définitif pour Jones et son empire, même si ce dernier a toujours su rebondir.

« Nous avons battu tant d’attaques. Mais maintenant, nous fermons d’ici le mois prochain. »
— Alex Jones, mars 2024

Reste à savoir si cette fois-ci, la fin sera vraiment la fin pour Infowars.