Une nomination controversée
En septembre 2024, le syndicat des Teamsters, dirigé par Sean O’Brien – un allié de Donald Trump ayant obtenu une tribune au Congrès républicain en août –, a surpris en refusant de soutenir un candidat à la présidentielle. Une première depuis 1992, reflétant une décision irrationnelle alors que Trump, connu pour son opposition aux droits des travailleurs, poursuivait sa politique anti-syndicale.
Une ministre du Travail sous le signe du scandale
Après l’élection de Trump, O’Brien a vu sa préférence récompensée : la nomination de Lori Chavez-DeRemer, ancienne représentante républicaine de l’Oregon, au poste de ministre du Travail. Son mandat s’est rapidement transformé en fiasco, marqué par des scandales et une gestion inefficace. Elle rejoint ainsi la liste des ministres limogés, comme Kristi Noem (Sécurité intérieure) ou Pam Bondi (Justice), jugés trop corrompus – ou pas assez – pour servir un président américain parmi les plus controversés de l’histoire.
Un début prometteur, une fin désastreuse
Chavez-DeRemer avait initialement suscité un certain optimisme parmi les syndicats. Liz Shuler, présidente de l’AFL-CIO, avait salué son soutien passé à des projets de loi pro-syndicats, comme le PRO Act ou le Public Service Freedom to Negotiate Act. Pourtant, cette ouverture s’est vite dissipée. Dès son audition de confirmation, elle a adopté une position ambiguë, qualifiant le PRO Act d’« imparfait » et rejetant une mesure clé : l’abrogation des lois « right-to-work » au niveau des États.
Elle a également évité de se prononcer sur une hausse du salaire minimum, pourtant fixé à 7,25 dollars de l’heure depuis des années. Trump, connu pour ses positions contradictoires sur le sujet, n’a jamais soutenu une augmentation, allant jusqu’à annuler un décret de Biden exigeant un salaire minimum de 15 dollars pour les sous-traitants fédéraux.
Un bilan mitigé et des résultats décevants
Une fois en poste, Chavez-DeRemer a affiché un bilan médiocre. Le nombre d’enquêtes pour violations des droits des travailleurs a chuté de 21 000 sous Biden à 17 000 sous son mandat. Les actions contre les secteurs les plus répréhensibles (faibles salaires, nombreux manquements) ont également diminué, passant de 842 à 649. Une performance qui, selon les standards républicains, pourrait être considérée comme un succès, mais qui illustre surtout son manque d’engagement en faveur des travailleurs.
« Elle est l’une des leurs. Elle est pro-syndicat. »
— Sénateur Tommy Tuberville (R-Alabama), lors de son audition de confirmation.
Malgré les critiques, Chavez-DeRemer a été confirmée avec seulement trois voix républicaines contre elle. Tuberville, désormais candidat au poste de gouverneur de l’Alabama, a finalement voté en sa faveur. Son départ récent s’inscrit dans une série de limogeages au sein de l’administration Trump, où la corruption et l’incompétence semblent désormais la norme.