Des chercheurs européens tirent la sonnette d’alarme concernant les risques pour la santé liés à la consommation d’aliments ultra-transformés. Dans un consensus clinique publié le 6 mai dans l’European Heart Journal, des experts de la Société européenne de cardiologie et de l’Association européenne de cardiologie préventive soulignent l’urgence d’agir.

Selon eux, ces produits industriels, souvent présentés comme « plus sains », sont en réalité associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, d’obésité, de diabète et d’hypertension. Pourtant, ces risques ne sont pas suffisamment pris en compte dans les recommandations nutritionnelles actuelles.

Pourquoi les aliments ultra-transformés posent problème

Les aliments ultra-transformés sont des produits modifiés industriellement, enrichis en additifs (sucres, sels, conservateurs) et en substances rarement utilisées en cuisine traditionnelle. Ces ingrédients, bien que renforçant le goût et la texture, favorisent le développement de maladies.

Une méta-analyse de 2023 a confirmé les liens entre leur consommation et plusieurs problèmes de santé :

  • Hypertension
  • Diabète
  • Obésité
  • Dyslipidémie

Une étude américaine de 2025 a même estimé que plus de 120 000 décès évitables aux États-Unis chaque année sont liés à ces aliments. D’autres recherches récentes les associent également à :

  • Une dégradation de la santé musculaire
  • Un affaiblissement des os
  • Des troubles de la fertilité féminine
  • Un risque accru de mortalité par cancer
  • Un déclin cognitif accéléré

Un appel à l’action pour les professionnels de santé

Les scientifiques européens exhortent les médecins à sensibiliser davantage leurs patients sur ces dangers. Ils recommandent d’intégrer systématiquement des conseils pour réduire la consommation d’aliments ultra-transformés dans les consultations, en expliquant notamment que certains produits étiquetés « sains » en contiennent souvent.

« Les aliments ultra-transformés, fabriqués à partir d’ingrédients et d’additifs industriels, ont largement remplacé les régimes traditionnels. Les preuves scientifiques montrent qu’ils sont liés à des facteurs de risque majeurs pour les maladies cardiovasculaires, comme l’obésité, le diabète et l’hypertension, ainsi qu’au risque de développer et de mourir d’une maladie cardiaque. Pourtant, ces données ne se reflètent pas encore dans les conseils nutritionnels prodigués aux patients. »

Luigina Guasti, MD, Université de l’Insubrie (Italie), co-autrice de l’étude

Les experts soulignent également que les recommandations nutritionnelles actuelles se concentrent davantage sur les nutriments que sur le degré de transformation des aliments. Ils appellent à une mise à jour des directives, incluant une meilleure compréhension des étiquettes alimentaires et des réglementations en vigueur.

Pour les personnes à risque cardiovasculaire, ces conseils sont d’autant plus cruciaux. Les scientifiques insistent sur la nécessité d’une éducation accrue du public et d’un accompagnement personnalisé pour adopter une alimentation moins transformée.

Source : Healthline