Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, se retrouve aujourd’hui dans une position délicate après avoir été confronté à ses propres déclarations passées lors d’une audition parlementaire.
Lors d’une séance devant la commission des Forces armées de la Chambre des représentants, la représentante démocrate du New Hampshire, Maggie Goodlander, a interrogé le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, sur la position de l’armée face aux ordres illégaux. Ce dernier a répondu sans hésitation : « Je suis d’accord. »
Hegseth, qui a rapidement réagi à cette affirmation, a révélé une contradiction flagrante avec ses propres propos tenus en 2016. Goodlander a alors cité mot pour mot une déclaration de l’actuel secrétaire à la Défense, extraite d’une vidéo de 2016 : « L’armée ne suivra pas d’ordres illégaux de son commandant en chef. Il existe des normes, une éthique. Nous sommes au-dessus de bien des choses que nos ennemis pourraient faire. »
À l’époque, Hegseth avait également affirmé que « des conséquences devaient être tirées pour les crimes de guerre les plus graves ». Pourtant, ses positions semblent avoir évolué au fil des années.
Un revirement politique qui fait polémique
En novembre dernier, six élus démocrates du Congrès, dont Goodlander et le sénateur Mark Kelly, ont publié une vidéo appelant les militaires et les services de renseignement à refuser les ordres illégaux, réitérant ainsi le principe défendu par Hegseth en 2016. Leur message, centré sur le respect de la Constitution, ne visait pas directement l’administration Trump.
Cette déclaration n’a pas manqué de provoquer une réaction virulente de la part de l’ancien président Donald Trump. Sur Truth Social, il a qualifié leur attitude de « passible de la peine de mort », avant d’ajouter : « Exécutez-les ! »
Hegseth est ensuite allé plus loin en contestant le droit au sénateur Kelly, ancien capitaine de la marine américaine, de bénéficier des mêmes protections que le reste de la population au titre du Premier amendement. Une tentative de censure qui a été rejetée par la justice en février, l’affaire ayant été classée sans suite.
Une contradiction qui interroge
Cette séquence met en lumière l’évolution des positions de Hegseth, passé d’un défenseur rigoureux de l’obéissance aux principes constitutionnels à une figure plus alignée sur les positions de l’administration Trump. Ses anciennes déclarations, aujourd’hui utilisées contre lui, soulèvent des questions sur la cohérence de sa ligne politique et son attachement aux valeurs traditionnelles de l’armée américaine.
Alors que le Congrès continue d’examiner les pratiques de l’administration en matière de commandement militaire, cette affaire rappelle l’importance des principes fondamentaux qui guident l’institution, quels que soient les pressions politiques.