Un tribunal américain a rendu un verdict historique ce lundi : Jordan Arthur Bloom, journaliste indépendant, a été condamné à verser 800 000 dollars de dommages et intérêts à Yaacov Apelbaum et à sa société XRVision. Cette décision fait suite à des allégations diffamatoires publiées en janvier 2024, dans lesquelles Bloom qualifiait Apelbaum d’« espion israélien » et affirmait que son entreprise, spécialisée en cybersécurité, avait des liens avec des services de renseignement étrangers.

Le jury a accordé 75 000 dollars de dommages compensatoires et 125 000 dollars de dommages punitifs pour chacune des deux déclarations litigieuses, et ce pour chacun des deux plaignants. Ces montants s’ajoutent aux frais de justice.

Un rôle controversé dans l’affaire Hunter Biden

Yaacov Apelbaum, fondateur de XRVision, une entreprise spécialisée dans l’analyse de données et la cybersécurité, avait attiré l’attention des médias en 2020. Son entreprise avait examiné un disque dur attribué à Hunter Biden, affirmant analyser son authenticité. Ces travaux avaient été cités par plusieurs médias conservateurs, dont le Washington Times.

Dans un article publié sur Substack, Jordan Arthur Bloom avait accusé Apelbaum d’être un espion israélien, suggérant que ses liens avec le renseignement israélien expliquaient son implication dans l’affaire. Il avait également affirmé que XRVision fournissait des informations à des médias conservateurs pour influencer l’opinion publique.

Une absence totale d’enquête préalable

Les plaignants ont souligné que le journaliste n’avait mené aucune vérification avant de publier ces allégations. Pire encore, il n’avait pas contacté Apelbaum ou XRVision pour recueillir leur version des faits. Les propos ont ensuite été massivement relayés sur les réseaux sociaux, amplifiant leur impact.

Dans sa plainte, XRVision a dénoncé des « mensonges flagrants », rappelant qu’Apelbaum avait renoncé à sa citoyenneté israélienne et était désormais uniquement citoyen américain. La société a également nié toute collaboration avec des services de renseignement étrangers.

Une décision judiciaire qui confirme la diffamation

Le tribunal a estimé que les déclarations de Bloom constituaient une diffamation per se, c’est-à-dire une diffamation évidente sans besoin de prouver un préjudice matériel. En effet, accuser un professionnel de la cybersécurité d’être un espion étranger peut gravement nuire à sa réputation et à celle de son entreprise, notamment dans un secteur où la confiance et la neutralité sont essentielles.

« Les allégations selon lesquelles un expert en cybersécurité travaillerait pour un service de renseignement étranger pourraient effectivement porter atteinte à sa crédibilité professionnelle », a conclu le tribunal.

Cette affaire rappelle l’importance de la vérification des faits avant toute publication, surtout lorsque des accusations graves sont portées. Elle illustre également les risques juridiques encourus en cas de diffamation avérée, même dans le cadre d’un débat public.

Source : Reason