Un centre de détention controversé maintenu ouvert

Un tribunal d'appel fédéral a confirmé mardi que le centre de détention pour migrants surnommé « Alligator Alcatraz » peut continuer à fonctionner en Floride. Cette décision annule celle d'un juge inférieur qui avait ordonné sa fermeture pour violation des lois environnementales fédérales.

Un site construit dans les Everglades

Le centre, construit l'été dernier dans les Everglades par l'administration du gouverneur Ron DeSantis, a été établi pour répondre aux besoins en espace de détention du Département de la Sécurité intérieure. Il est situé près de la réserve naturelle protégée de Big Cypress, sur un ancien aérodrome peu utilisé.

Des conditions de détention dénoncées

Depuis son ouverture, le centre fait face à de vives critiques concernant les conditions de vie des détenus. Plusieurs rapports ont signalé des infestations de moustiques, des inondations, des soins médicaux insuffisants, une nourriture de mauvaise qualité et un accès limité à l'eau. En mars, j'avais rapporté que des milliers de personnes y étaient détenues malgré ces problèmes.

Le mois dernier, deux sénateurs américains ont lancé une enquête sur les allégations d'abus, notamment l'utilisation de « la boîte », une pratique où les détenus étaient enchaînés et placés dans de petites cages en plein soleil pendant des heures. Un porte-parole de la Division de gestion des urgences de Floride, qui gère le centre, a qualifié ces allégations de « fausses ».

Récemment, des avocats représentant les détenus ont déclaré à un juge que des gardes avaient agressé et aspergé de gaz poivré des détenus qui protestaient après la coupure des téléphones, moins d'une semaine après qu'un juge fédéral ait ordonné l'élargissement de l'accès aux services juridiques sur le site.

Un impact environnemental préoccupant

Les écologistes tentent depuis près d'un an de faire fermer Alligator Alcatraz pour protéger les Everglades. Ils ont poursuivi en justice les responsables fédéraux et étatiques, arguant que la construction du centre avait été menée sans étude d'impact environnemental ni consultation publique, en violation de la loi sur la politique environnementale nationale (NEPA).

Selon les documents judiciaires, la circulation accrue autour du centre augmente le risque de collision avec des panthères, tandis que la pollution lumineuse pourrait perturber la capacité des chauves-souris à se nourrir la nuit.

« Alligator Alcatraz restera dans l'histoire comme un gaspillage des deniers publics et une attaque flagrante contre les Everglades. »

— James Uthmeier, procureur général de Floride

Une bataille juridique toujours en cours

En août, un juge fédéral de Miami avait conclu que le centre « existe uniquement pour détenir et déporter des personnes soumises à l'application fédérale de l'immigration » et avait ordonné sa fermeture dans les 60 jours. L'État de Floride a fait appel, et la Cour d'appel du onzième circuit a bloqué cette décision.

Les responsables de Floride et de l'administration Trump ont soutenu que la NEPA ne s'appliquait qu'aux agences fédérales, affirmant que le centre était géré et financé par l'État, qui a déjà dépensé au moins 390 millions de dollars pour son fonctionnement.

Les prochaines étapes

  • Les écologistes continuent de faire pression pour la fermeture du centre.
  • Les enquêtes sur les allégations d'abus se poursuivent.
  • La bataille juridique entre l'État et les autorités fédérales pourrait s'intensifier.