Un accord historique validé par les actionnaires

Les actionnaires de Warner Bros. Discovery ont massivement soutenu la vente de l’entreprise à Paramount, un accord évalué à 111 milliards de dollars (dont 81 milliards en actions). Selon les résultats préliminaires d’un vote rendu public jeudi, plus de 90 % des actionnaires ont approuvé la cession de la totalité des parts à 31 dollars par action.

Un empire médiatique en construction

Si la fusion aboutit, Paramount Global, détenu par le groupe Skydance, deviendra l’un des géants mondiaux des médias. L’entité regroupera :

  • HBO Max et ses contenus premium ;
  • Les franchises cultes comme Harry Potter et DC Comics ;
  • CNN, l’un des principaux réseaux d’information américains ;
  • Paramount+, plateforme de streaming en croissance ;
  • CBS, avec ses productions télévisuelles et cinématographiques ;
  • Un portefeuille de chaînes câblées et de studios.

Des obstacles persistants

Malgré ce soutien des actionnaires, la fusion n’est pas encore finalisée. Les autorités réglementaires doivent encore examiner l’impact de cette concentration sur le marché. Warner Bros. a indiqué viser une clôture au troisième trimestre 2024.

Par ailleurs, les actionnaires ont rejeté une proposition distincte concernant les rémunérations post-fusion des dirigeants, montrant des tensions internes sur la gouvernance.

Une opposition farouche dans l’industrie

Le projet suscite une vive opposition parmi les professionnels du secteur. Plus de 2 000 acteurs, réalisateurs et scénaristes, dont Jane Fonda, ont signé une lettre ouverte dénonçant les risques de pertes d’emplois et de réduction de la diversité culturelle. Le Committee for the First Amendment, fondé par Jane Fonda, a qualifié le vote des actionnaires de « sérieux revers », tout en promettant de poursuivre le combat.

« Une poignée de décideurs ne doit pas pouvoir redessiner en silence le paysage médiatique, culturel et créatif américain sans rendre de comptes. »

Committee for the First Amendment, dans un communiqué

Des craintes politiques et médiatiques

Des élus américains s’inquiètent également des conséquences sur la pluralité de l’information et la création artistique. Le sénateur démocrate Cory Booker a souligné lors d’une audition à Washington que cette fusion ne concernait pas seulement deux entreprises, mais « qui contrôle les récits, les divertissements et les médias ».

Un parcours semé d’embûches

Le chemin vers cet accord a été chaotique. Initialement, Warner Bros. avait préféré négocier avec Netflix pour un partenariat de 72 milliards de dollars. Mais Paramount a riposté en lançant une offre hostile directement auprès des actionnaires, incluant les activités câblées que Netflix ne souhaitait pas. Après des mois de tensions publiques et de surenchères, Netflix s’est retiré, laissant Paramount l’emporter.

Cette fusion réduirait à quatre le nombre de grands studios hollywoodiens, après le rachat de 21st Century Fox par Disney et la création de NBCUniversal sous Comcast. Elle créerait aussi un géant du streaming avec Paramount+ et HBO Max, ainsi qu’un pôle majeur dans l’information avec CNN et CBS.

Prochaines étapes

Les observateurs s’attendent à ce que les régulateurs américains et européens examinent attentivement les effets sur la concurrence. Une décision finale est attendue d’ici la fin de l’année.