Depuis l’été 2022, marqué par l’effondrement du boom immobilier post-pandémie et la flambée des taux d’intérêt, l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché immobilier américain s’est progressivement inversé en faveur des acheteurs. Cette tendance se confirme aujourd’hui, avec des indicateurs qui reviennent progressivement vers leurs niveaux d’avant-crise.
Une offre en hausse, mais pas pour les raisons attendues
Contrairement aux idées reçues, l’augmentation de l’offre immobilière ne s’explique pas par une explosion des nouvelles mises en vente. Elle résulte plutôt d’un ralentissement des transactions : les biens restent plus longtemps sur le marché, ce qui gonfle artificiellement les stocks disponibles.
Cette situation est particulièrement visible dans les données de Zillow, où le délai moyen avant qu’un bien ne soit vendu a fortement varié depuis 2019 :
- Printemps 2019 : 41 jours
- Printemps 2020 : 36 jours
- Printemps 2021 : 14 jours
- Printemps 2022 : 10 jours
- Printemps 2023 : 26 jours
- Printemps 2024 : 25 jours
- Printemps 2025 : 33 jours
- Printemps 2026 : 39 jours
Cette accumulation d’invendus s’explique par la résistance accrue des vendeurs face à un marché moins dynamique. Résultat : les biens mettent plus de temps à trouver preneur, et leur durée de présence dans les listings augmente mécaniquement.
Des disparités régionales marquées
Si la tendance nationale est claire, les réalités locales divergent fortement. Les marchés du Sud-Ouest et du Sud-Est, plus sensibles aux variations de prix, enregistrent une hausse plus marquée des délais de vente que ceux du Nord-Est et du Midwest, où la demande reste plus soutenue.
Parmi les 250 plus grandes zones métropolitaines américaines, voici les 15 marchés où les biens mettent le plus de temps à se vendre (données de février 2026) :
- Asheville, Caroline du Nord — 105 jours
- McAllen, Texas — 86 jours
- Laredo, Texas — 83 jours
- Houma, Louisiane — 83 jours
- Austin, Texas — 82 jours
- Daphne, Alabama — 81 jours
- Longview, Texas — 78 jours
- Lake Charles, Louisiane — 78 jours
- Crestview, Floride — 77 jours
- Panama City, Floride — 77 jours
- San Antonio, Texas — 74 jours
- Myrtle Beach, Caroline du Sud — 72 jours
- Killeen, Texas — 71 jours
- Ocala, Floride — 71 jours
- Naples, Floride — 69 jours
À l’inverse, les 15 marchés où les biens se vendent le plus rapidement sont dominés par des villes du Nord-Est et du Midwest :
- Lancaster, Pennsylvanie — 9 jours
- Hartford, Connecticut — 10 jours
- Allentown, Pennsylvanie — 11 jours
- Scranton, Pennsylvanie — 11 jours
- Buffalo, New York — 12 jours
- Rochester, New York — 12 jours
- Syracuse, New York — 13 jours
- Pittsburgh, Pennsylvanie — 13 jours
- Akron, Ohio — 13 jours
- Cleveland, Ohio — 14 jours
- Youngstown, Ohio — 14 jours
- Dayton, Ohio — 14 jours
- Toledo, Ohio — 15 jours
- Columbus, Ohio — 15 jours
- Grand Rapids, Michigan — 15 jours
Un retour progressif à la normale ?
Les chiffres actuels montrent que le marché immobilier américain se rapproche des niveaux d’avant-crise, tant en termes de délais de vente que d’inventaire disponible. Cependant, cette normalisation reste inégale selon les régions, reflétant des dynamiques locales contrastées.
« La résistance des vendeurs et la durée prolongée des biens sur le marché sont les deux faces d’une même pièce : un marché qui se rééquilibre après des années d’emballement. »