WASHINGTON — L’administration Trump ouvre la voie à une révolution médicale en accélérant l’examen de trois médicaments psychédéliques expérimentaux. Vendredi 24 avril, la FDA a accordé un traitement prioritaire à ces substances, attribuant des vouchers accélérés à trois entreprises non nommées. Deux d’entre elles étudieront la psilocybine (principe actif des champignons hallucinogènes) pour soigner la dépression résistante, tandis que la troisième évaluera le méthylone, une molécule proche de l’MDMA, dans le traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Ces vouchers réduisent le délai d’examen de la FDA, passant de 10 à 12 mois à seulement 1 à 2 mois. Résultat : les premiers médicaments psychédéliques approuvés pourraient être disponibles dès cet été. Une avancée historique dans un domaine longtemps freiné par l’interdiction de ces substances aux États-Unis.
Marty Makary, commissaire de la FDA, a déclaré dans un communiqué : « Les psychédéliques ont le potentiel de répondre à la crise nationale de santé mentale, notamment pour des affections comme la dépression résistante, l’alcoolisme ou d’autres troubles graves. »
Une politique pro-drogues sous Trump
Cette accélération s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui mise sur les substances autrefois illicites pour répondre aux besoins médicaux. Quelques jours plus tôt, le 18 avril, le président Donald Trump avait signé un décret ordonnant à la FDA d’accorder des vouchers prioritaires aux psychédéliques bénéficiant déjà d’une désignation de thérapie révolutionnaire. L’objectif ? « Éviter que la bureaucratie ne retarde l’examen rigoureux de ces potentiels traitements », selon la Maison-Blanche.
Parallèlement, l’administration Trump s’attaque à la réévaluation du statut du cannabis. Jeudi 23 avril, le département de la Justice a annoncé une audience, prévue pour le 29 juin, visant à reclasser le cannabis du Schedule I (substances dangereuses sans usage médical reconnu) au Schedule II (médicaments à potentiel d’abus modéré). Cette révision faciliterait la recherche médicale sur ses applications thérapeutiques et ouvrirait la voie à une légalisation fédérale.
Un nouveau programme controversé
Le programme de vouchers prioritaires, lancé en juin 2025 sous le nom de Commissioner’s National Priority Voucher (CNPV), permet aux entreprises de soumettre une grande partie de leur dossier avant même la fin des essais cliniques. « Cette approche pragmatique réduira les inefficacités et accélérera la mise à disposition de traitements salvateurs pour les Américains », avait expliqué Makary à l’époque.
Cependant, ce programme suscite des critiques. Lancé sans l’aval du Congrès, il alimente les craintes d’un conflit d’intérêts, certains craignant que les entreprises pharmaceutiques ne « corrompent » l’administration via des contributions financières pour obtenir ces vouchers. Les experts rappellent aussi que, malgré l’accélération des procédures, la rigueur scientifique doit rester au cœur des essais cliniques.
Le Dr Peg Nopoulos, présidente du département de psychiatrie de l’Université de l’Iowa, a confié à NBC News : « Je suis heureuse de voir cette ouverture, mais il est crucial que les recherches restent fondées sur des preuves solides. »
Vers une médecine psychédélique ?
Cette dynamique marque un tournant dans l’histoire de la médecine américaine. Longtemps stigmatisés, les psychédéliques pourraient enfin être reconnus pour leurs vertus thérapeutiques. Si les essais cliniques confirment leur efficacité, ces traitements pourraient offrir une lueur d’espoir aux millions de patients souffrant de troubles mentaux résistants aux thérapies conventionnelles.