Le paysage du jeu vidéo est en pleine mutation. Ces derniers mois, l’industrie a été marquée par des opérations majeures : Ubisoft a créé une filiale gaming en partenariat avec Tencent, tandis qu’Electronic Arts a annoncé un rachat de 55 milliards de dollars par le Fonds d’investissement public saoudien, le tout menant à son retrait de la Bourse. Il y a dix ans, plus d’une dizaine d’éditeurs de jeux étaient cotés en Bourse. Aujourd’hui, ils se comptent sur les doigts d’une main.
Dans ce contexte, Take-Two Interactive Software, l’éditeur derrière Grand Theft Auto, se distingue en restant indépendant. Alors que des géants comme Activision-Blizzard ou EA ont été absorbés, Take-Two digère encore son acquisition de Zynga en 2022. Pourtant, son PDG, Strauss Zelnick, confirme que l’entreprise prépare déjà sa prochaine cible.
Interrogé par Fast Company, Zelnick précise que cette acquisition pourrait intervenir d’ici quelques années : « Je pense que, pour les deux prochaines années, notre priorité sera la croissance organique. Mais si nous faisons les bons choix, nous pourrons aussi envisager une croissance externe. Bien sûr, nous serions intéressés par une expansion. »
Le dirigeant n’a pas révélé de noms précis, mais a confirmé que des opportunités étaient déjà identifiées. « Nous avons notre regard sur quelques cibles, mais elles pourraient ne plus être disponibles au moment opportun. Rien n’est garanti, mais je pense qu’il y aura toujours des opportunités, quoi qu’il arrive. »
Zelnick a également indiqué que, le cas échéant, Take-Two ciblerait en priorité le secteur du jeu mobile. Ce dernier représente désormais la moitié des revenus du groupe. « Il y a quelques entreprises dans le mobile qui nous impressionnent, même si je ne citerai pas de noms. En revanche, nous sommes moins actifs sur le segment des consoles. »
GTA VI : un lancement attendu qui pourrait retarder les acquisitions
Le calendrier de Take-Two pourrait être rythmé par le lancement de Grand Theft Auto VI, prévu pour le 19 novembre. Lors de la conférence iicon, réservée aux leaders du secteur, Zelnick a confirmé que la campagne marketing débuterait « bientôt », écartant ainsi tout nouveau report. Les attentes sont colossales : le précédent opus, sorti en 2013, s’est écoulé à plus de 225 millions d’exemplaires et a généré près de 10 milliards de dollars de revenus. Selon Circana, il figurait encore parmi les 11 jeux les plus vendus en mars 2024, un exploit rare pour un titre vieux de plus de dix ans.
Risque de rachat : Take-Two reste confiant
Malgré la frénésie de fusions, Zelnick minimise le risque d’un rachat de Take-Two. Il rappelle la croissance spectaculaire de l’entreprise depuis son arrivée il y a 18 ans. « Nous avons toujours été une cible potentielle, car nous sommes cotés en Bourse et non contrôlés. Notre mission est de servir les actionnaires. La meilleure protection pour rester indépendant ? Réaliser notre mission. »