Une agence en crise après quatre années de gestion Trump
La Federal Emergency Management Agency (FEMA) a subi des dommages majeurs durant les premières années de l’administration Trump. Entre purges administratives, blocages budgétaires et réductions d’effectifs, l’agence chargée de la gestion des catastrophes naturelles a vu ses capacités opérationnelles s’effondrer. Kristi Noem, ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure, avait notamment gelé la quasi-totalité des dépenses liées à la reconstruction et à la réponse aux catastrophes, paralysant les missions essentielles de la FEMA.
Ces décisions ont eu des conséquences dramatiques : des milliards de dollars bloqués pour les communautés touchées, des retards critiques dans l’intervention lors d’événements majeurs comme les inondations du 4 juillet au Texas, et l’abandon quasi total des préparatifs pour les catastrophes futures. Les demandes d’aide, en particulier dans les États dirigés par les démocrates, ont été ralenties ou rejetées en masse.
Mullin promet un nouveau départ, mais les défis restent immenses
Le départ de Kristi Noem, limogée en raison de scandales (gestion controversée de l’immigration, dépenses personnelles abusives, mensonges au Congrès), a suscité l’espoir d’un redressement de la FEMA. Son successeur, Markwayne Mullin, ancien sénateur de l’Oklahoma, a annoncé la fin du gel budgétaire et la nomination d’un administrateur permanent – une mesure que Noem n’avait jamais mise en œuvre. Selon des employés de la FEMA ayant requis l’anonymat, Mullin aurait déjà limogé plusieurs hauts responsables nommés par Noem.
Pourtant, les experts et les responsables de l’agence restent sceptiques quant à la capacité de Mullin à rétablir la FEMA à son niveau d’avant 2021. La saison des ouragans approche, et le moral des troupes est au plus bas. « C’est comme si nous attendions tous que l’autre chaussure tombe », confie un responsable régional de la FEMA sous couvert d’anonymat.
Des réformes annoncées, mais peu de changements concrets
Malgré les promesses de Mullin, les opérations de la FEMA peinent à redémarrer. Certaines aides à la reconstruction ont été débloquées, mais la majorité des dépenses nécessitent encore l’approbation de Karen Evans, l’administratrice intérimaire choisie par Noem. Mullin devra attendre la confirmation de son propre candidat par le Sénat pour prendre pleinement les rênes.
Les programmes de résilience, essentiels pour préparer les infrastructures américaines aux futures catastrophes, restent inactifs. La FEMA n’a pas alloué de nouveaux fonds depuis près d’un an via son principal programme d’aide aux infrastructures, et n’a abandonné son projet d’éliminer un autre programme de résilience qu’après une décision de justice. Des dispositifs clés, comme le National Flood Insurance Program (qui couvre 5 millions de foyers), ont été affaiblis. Le contrat avec l’entreprise gérant le système de notation des réductions de primes d’assurance a expiré il y a plusieurs semaines, privant des villes de leurs incitations financières à se protéger contre les inondations.
Un héritage toxique et un avenir incertain
Les mémos divulgués en début d’année révélaient que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) prévoyait de réduire de moitié les effectifs sur le terrain de la FEMA – une mesure qui n’a pas encore été officiellement abandonnée. Mullin a également hérité d’une agence où la méfiance règne et où les initiatives prioritaires sont au point mort.
« La FEMA n’est plus la même qu’avant 2021. Même avec des changements de direction, reconstruire la confiance et les capacités prendra des années », estime un expert en gestion des catastrophes. La saison des ouragans 2024 s’annonce déjà comme un test crucial pour la résilience de l’agence.
« Nous avons besoin de leadership, de stabilité et de ressources. Sans cela, chaque catastrophe sera une épreuve supplémentaire pour les Américains. »
— Responsable anonyme de la FEMA