La Cour d'appel du Maryland a rendu un arrêt historique mardi dans l'affaire Turner v. Abelle-Kiser, confirmant qu'un parent transgenre peut légitimement se voir attribuer un droit de décision prépondérante dans les litiges de garde concernant l'identité de genre de l'enfant.

L'affaire opposait AshLee Smith Turner, parent cisgenre, à Blair Abelle-Kiser, parent transgenre, dans un conflit de garde concernant leur enfant mineur, Z. Le tribunal de première instance avait accordé une garde physique conjointe et une garde légale conjointe, avec un droit de décision prépondérante conditionnel en faveur de Blair Abelle-Kiser.

AshLee Smith Turner contestait spécifiquement ce droit de décision prépondérante, arguant que l'attribution d'un tel pouvoir à un parent transgenre dans les décisions liées à l'identité de genre de l'enfant constituait un abus de pouvoir judiciaire. Elle demandait que les questions relatives à l'identité de genre soient exclues de ce droit de décision.

La Cour d'appel a rejeté cet argument, rappelant que l'intérêt supérieur de l'enfant doit toujours primer dans les décisions de garde. Le tribunal a souligné que la garde légale conjointe avec un mécanisme de décision prépondérante n'était pas abusive, même dans les cas impliquant des questions d'identité de genre.

Une décision basée sur une évaluation approfondie

Le tribunal a examiné les témoignages des deux parents, ainsi que ceux de leurs conjoints respectifs et de l'évaluateur judiciaire. Il a également pris en compte divers documents, dont le rapport de l'évaluateur, avant de rendre sa décision.

Bien que le rapport de l'évaluateur ait pu suggérer que Blair Abelle-Kiser aurait pu encourager plus rapidement l'exploration de l'identité de genre de Z, il critiquait également AshLee Smith Turner pour avoir intégré trop rapidement son nouveau conjoint dans la vie de l'enfant. Le tribunal a estimé que ces nuances ne justifiaient pas une remise en cause de sa décision initiale.

De plus, l'évaluateur a confirmé que Z avait pris indépendamment la décision d'explorer son identité de genre, après avoir consulté plusieurs thérapeutes. Cette conclusion a renforcé la légitimité de la décision du tribunal de maintenir un cadre de garde favorisant la collaboration entre les parents.

Une décision qui renforce les droits des parents transgenres

Cet arrêt envoie un message clair : les parents transgenres ont les mêmes droits que les parents cisgenres dans les décisions de garde. La Cour d'appel a rappelé que le genre d'un parent ne peut être utilisé comme un critère pour limiter ses droits parentaux, sauf si cela est démontré comme étant contraire à l'intérêt de l'enfant.

Cette décision s'inscrit dans une tendance croissante des tribunaux américains à reconnaître les droits des parents transgenres et à protéger leurs relations avec leurs enfants, même après une séparation.

Source : Reason